Déterminée et combative : rencontre avec l'inspirante Elodie Gonzales.

Il y a quelques semaines, nous lancions notre action de solidarité auprès des métiers touchés par la COVID_19. Vous avez été nombreux à nous envoyer vos mots et parmi eux un « courrier de l’amour » comme l'a intitulé celle qui nous l’a adressé, Elodie Gonzales.


© Aude Lemaitre


"Chère Victoire,


Merci pour les mots que tu portes à l’égard de nos professions passions, merci pour la lumière que tu réorientes sur les problématiques que nous sommes nombreux à rencontrer pour la deuxième fois cette année.


J’ai choisi mon métier par passion, je savais qu’il me fallait suivre cette voie car une petite voix à l’intérieur m’insufflait l’envie de faire plaisir aux autres, en les aidant à soigner leurs intérieurs.


Mes études ont été longues, et semées d’embuches car on grandit en même temps qu’on se trompe n’est-ce pas?

J’ai changé de parcours et réorienté mes choix sur un cursus non moins technique mais plus créatif, plus coup de coeur. Et j’ai poursuivi en école de design, après être passée par l’école d’architecture.


Je suis designer, et mon métier c’est de rendre heureux les autres, c’est de défier les contraintes techniques pour apporter la plus adaptée des réponses lorsqu’une problématique se pose.


Mon métier c’est l’intuition, c’est la passion des matières, c’est l’ouverture vers les autres, c’est comprendre qui est en face de moi et lui laisser toutes ses chances: la chance de se libérer, la chance de s’affirmer, et surtout lui laisser l’opportunité de me faire confiance.

Mon métier, c’est mes tripes, et mon coeur.


Comme pour beaucoup d’entre nous, indépendants, créatifs, designers, comédiens, libraires, artistes, photographes, musiciens, artisans, 2020 est un sacré gros défi.


Défi financier, on ne va pas se mentir, défi social aussi car notre visibilité et nos échanges s’amenuisent sous le confinement.


Alors on se réinvente, car au final c’est sûrement là la plus grande force de ceux qui ont créé leur voie, pouvoir se réinventer, savoir se remettre en question, aller vers les autres, encore, avec son coeur, encore, pour vivre de notre passion, toujours.


Partages sur les réseaux, mise en place de drives, de click and collect, de vitrines éphémères dans d’autres boutiques restées elles, ouvertes, mise en place de rendez-vous en visio, de lives, interactions via les réseaux sociaux: on réinvente notre emploi de ces outils pour répondre présents aux besoins de nos clients, ces rencontres coups de coeur qui nous ont un jour fait confiance.


Je profite de ces journées sans fin, pour me réorganiser, repenser l’entreprise, réceptionner de nouveaux échantillons de matières avec lesquels travailler, me perfectionner toujours dans les outils de représentation qu’imposent l’architecture et le design, faire des clins d’oeils et partager le travail des artisans et amis qui m’entourent, et qui eux aussi se réinventent chaque jour tout en continuant de créer, pour vous, pour nous tous.


Je suis revenue m’installer à Nevers après mes études parce que l’idée de créer quelque chose et de m’investir à l’échelle de ma ville me plaisait, et parce qu’il fait bon vivre ici, si bien entourée de créatifs talentueux.


J’espère alors que les gens n’oublieront pas, eux non plus, de faire vivre les indépendants qui dessinent leur ville et qui en font la richesse, car de notre côté, c’est aussi pour vous que nous nous levons chaque matin, le coeur plein de bonnes intentions, pour vous proposer nos créations et réaliser vos projets.


Vous êtes notre réussite, et votre soutien nous permet de vivre, et de confirmer nos choix de vie.


Merci Victoire, de relayer nos mots, et de redonner une échelle humaine à ce que l’on traverse tous.


A très vite,


Bien affectueusement,


Elodie."


Elodie fait partie de ces jeunes indépendants qui ne lâchent rien. Face à la crise sanitaire, ce sont pourtant ceux qui subissent en silence. Loin de se laisser abattre, elle se réinvente et affronte les défis avec panache. Une rencontre des plus inspirantes.


CULTURE IS THE NEW BLACK : Racontes-nous, qui es-tu ?


Elodie Gonzales : J’ai tout juste 31 ans, je suis Designer indépendante, spécifiquement pour la conception d’intérieur et de scénographie. Je travaille à la fois pour des particuliers et pour des professionnels. Je travaille de chez moi pour la partie conception, je me déplace bien sûr à domicile pour les premiers entretiens d’avant-projets et les rendez-vous de rendus.

© Aude Lemaitre


CULTURE IS THE NEW BLACK : Qu'est-ce qui a changé pour toi depuis ce deuxième confinement ?


Elodie Gonzales : Concrètement, je ne peux plus me rendre à domicile pour les entretiens d’avant-projet, qui est un rendez-vous assez privilégié puisqu’il me permet de rentrer dans le quotidien de mes clients et de pouvoir cerner différents aspects de leur personnalité, ce qu’ils apprécient, ce dont ils ont besoin etc. Ils se dévoilent davantage lorsque ce rendez-vous se fait chez eux. La plupart de mes rendez-vous de « rencontres » se font à domicile et pour la suite - à savoir les rendus- quand il s’agit d’un projet neuf, j’aime bien le faire dans un lieu neutre, un café sympa par exemple. Ça permet au client d’entrevoir des nouveautés plus facilement et de lâcher des habitudes qui le sécurisent bien souvent, mais qui ne sont pas forcément les plus adaptées pour lui.


"Toute la partie scénographie de mon job a été effacée cette année puisque je n’ai pu décorer qu’un mariage en juin."


CULTURE IS THE NEW BLACK : Quel est l’impact de ce deuxième confinement sur ton travail ?


Elodie Gonzales : Toute la partie scénographie de mon job a été effacée cette année puisque je n’ai pu décorer qu’un mariage en juin. En archi, c’est aussi plus difficile de proposer un service qui me fait me rendre chez les gens, les potentiels clients sont plus frileux du fait de la situation sanitaire, et des gestes barrières, ce que je comprends. Ça rend les choses assez difficiles lorsque l’on a pas de boutique ou d’atelier, et donc pas de vitrine physique sur notre travail, pas de lieu où échanger sans engagement. Et puis le recours à un architecte ou à un designer reste, il me semble, plus simple dans les sociétés anglo-saxonnes ou scandinaves, même si on pouvait observer un changement d’habitudes ces dernières années : le Français reste quand même très timide à l’idée de faire appel à quelqu’un pour composer son intérieur. Les deux périodes de confinement ont clairement confirmé cette tendance. Les gens ont aussi d’autres priorités ou veulent faire eux-mêmes. J’ai la chance d’être salariée à temps partiel à côté de mon activité d’indépendante donc concrètement c’est grâce à ça que je m’en sors.

Changement dans mes habitudes de travail donc, et puis cette pandémie et ce qu’elle induit me fait aussi penser le design autrement. De nouvelles habitudes dans les espaces, de nouvelles formes dans l’espace public, encore plus de slow design pour être bien chez soi. C’est très intéressant car chaque facette de mon métier me fait envisager le design de manière différente selon que le client sera un particulier ou un professionnel, comme une boutique par exemple.


"J’adapte actuellement ma façon de travailler et je pense que ce sera le cas de manière durable."



CULTURE IS THE NEW BLACK : Quelles sont les nouvelles mesures que tu as mises en place pour pouvoir continuer à travailler ?


Elodie Gonzales : J’adapte actuellement ma façon de travailler et je pense que ce sera le cas de manière durable. Je suis plus active sur mon compte Instagram, avec des stories où je vais partager mon travail, des inspirations, des fournisseurs, des tendances couleurs, mobiliers, matières. Je propose également plusieurs choses :

- Des consultations en visio pour des problématiques simples, sans rendu numérique ou papier : besoin d’un conseil décoration, d’un avis couleurs, matériaux, mobilier. ( 45 minutes : 33€ )

- Des consultations en visio, plus complètes avec un rendu PDF et papier. ( 1 heure : 52€ )

- Un rendez-vous de prise de contact en visio pour établir un devis de conception globale : projet de construction, de rénovation ou d’extension. ( Rendez-vous et devis gratuits )

CULTURE IS THE NEW BLACK : Comment peut-on te joindre ?


Elodie Gonzales : Je suis disponible via mon compte Instagram @elodie_gonzales_designer, par mail : egonzales.archi@gmail.com et par téléphone au 06.35.71.63.49 !


© Aude Lemaitre

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